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Réseaunons un peu

25-Aug-2015

 

L’étendue insoupçonnée de nos réseaux

« Tu es une femme de réseau » m’a-t-on dit un jour. Ma pensée a oscillé à ce moment-là entre une certaine fierté et finalement la crainte non dissimulée du voile de superficialité que cette qualification peut dégager. Après tout, restons pragmatique, il est avéré que le réseau est un moyen efficace de développer son activité professionnelle ou sa carrière. Le mot réseau est issu du latin « retis » qui signifie filet. Développer et cultiver son réseau, c’est donc tisser des liens, relier des points : être architecte de sa toile. Frigyes Karinthy parlait en 1929 de la théorie des 6 poignées de main : toute personne sur terre peut être reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaine de relations individuelles comprenant au plus 5 maillons. Nous sommes au plus à 6 poignées de main de Barack Obama. Les potentialités d’un réseau étendu et qualitatif sont énormes. Le premier réseau est d’abord biensûr constitué de proches, d’amis, de connaissances, d’amis d’amis… puis arrive le réseau professionnel, qui se constitue au fil des expériences : collègues, managers, clients, partenaires... Il y a aussi les réseaux informels, ceux avec qui vous partagez des similitudes, des hobbies. Vous ne vous connaissez pas forcément mais un petit détail vous rapproche. Je me souviens d’un Directeur en entreprise, originaire du Sud-Ouest, qui ne recrutait que des Toulousains. Il est certain que l’origine géographique, la pratique d’une passion ou l’appartenance à une communauté peuvent jouer, ce sont des éléments qui créent, sur la base de points communs, un lien avec l’autre. Ces points d’ancrage rassurent. En tout cas, cela permet de mieux comprendre l’autre. Et de garantir au passage des sujets de discussions.

 

Le réseau virtuel ne remplace pas le réseau réel

Se pose la question des réseaux réels versus les réseaux sociaux. Comment appréhender les relations virtuelles ? Je suis une utilisatrice et observatrice quotidienne : facebook, linked in, viadeo, instagram, twitter… Les réseaux sociaux constituent une formidable vitrine, ils sont de beaux outils pour les entreprises et les marques s’ils sont bien maniés, si le contenu en vaut la peine. On ne le dira pas assez, les réseaux sociaux demeurent un outil, l’important, c’est la qualité de ce qu’on y dit et si cela suscite de un intérêt chez les personnes à qui l’on souhaite s’adresser : un contenu de valeur, utile. Dans le cadre de la mise en avant des individus, le jeu est plus ambigu,  qui n’a pas été confronté autour de soi à une utilisation parfois « cache-misère » de Facebook par exemple : la personne diffuse des posts extrêmement positifs et valorisateurs, sa vie Facebook est merveilleuse, elle donne envie. Outre l’aspect narcissique, c’est l’attente de « like » qui guide tout cela : obtenir une preuve concrète du désir suscité et recueillir l’approbation du plus grand nombre. Et parfois, quand on s’entretient avec la personne en vrai, sa vie n’est plus du tout aussi attractive. C’est le décalage entre la forme, le paraître et le fond qui pose problème. Rien de nouveau, tout comme ces publicités sur-prometteuses qui peuvent déclencher l’achat mais qui au final, au prix d’une utilisation décevante, peuvent saborder la fidélisation du client. Tout dépend l’objectif de la marque vous me direz, en tout cas, cela ne semble pas pérenne. Evidemment, c’est la même chose en communication, l’image d’une marque ne se construit que sur un discours de preuves, tout est question de crédibilité.  

Le réseau virtuel ne remplace par le réseau réel, il le formalise, il l’enrichit. 177 amis en moyenne sur Facebook, je vous défie d’en avoir plus de 50 dans la vraie vie. C’est sûr, c’est plus facile, plus rapide à entretenir sur Facebook que dans la vie réelle. Nous sommes d’accord, le mot ‘’amis’’ est finalement mal choisi pour cela, trop investi émotionnellement : la question est donc de savoir qui sont vos proches et qui sont vos connaissances. Je vous épargne le débat attendu sur la qualité plutôt que la quantité.

 

Liens faibles, la clé du développement efficace d’un réseau

 Mark Granovetter, sociologue, détermine en 1973 la force du lien par la quantité de temps partagée, l’intensité émotionnelle, l’intimité/la confiance et les liens/services réciproques. Il classe ainsi les relations par lien : les liens forts pour les amis proches, la famille, les liens faibles pour les connaissances. Alors que les liens forts nécessitent beaucoup de temps et d’investissement, les liens faibles demandent moins d’efforts pour rester actifs. Les personnes de liens faibles évoluent dans d’autres cercles sociaux, ont d’autres centres d’intérêt et donnent ainsi accès à d’autres informations, autres que celles issues du cercle fermé que constituent les personnes de liens forts. Sur les réseaux sociaux par exemple, les liens faibles permettent d’avoir accès à une information provenant de sites web que vous ne visiteriez pas autrement. En d’autres termes, avec vos amis vous avez des chances d’avoir les mêmes goûts, les mêmes intérêts, cela n’ouvre donc pas vers de nouveaux horizons. Selon Granovetter, les liens faibles permettent de jeter des ponts locaux entre des individus qui, autrement, resteraient isolés, ils font émerger des nouvelles possibilités, engendrent finalement des opportunités.

 

Sortir de soi, de ce que nous connaissons pour s’ouvrir à l’autre et le reconnaître dans sa différence. Emmanuel Levinas parlait d’altérité. Et si en plus cette différence nous ouvre le champ des possibles, on a tout à y gagner.

 

 

 

 

 

 

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